photo ci-dessus : Fabrice
Lafourcade et Yannick Suhas - Le groupe "Les Gatchos"
Combien de fois l'avons-nous dit et
écrit, que seraient nos courses landaises sans cette musique qui
leur donne tant de couleurs, d'entrain et d'émotion. A quelques
heures de la Sainte-Cécile, fête des musiciens, Fabrice Lafourcade
(trompettiste) et Yannick Suhas (saxophoniste), mais aussi
responsables de la banda "Les Gatchos" en cette année 2011,
répondent à nos questions.
Sainte-Cécile est la patronne des musiciens. Comment
la Musicale des Gaves honorera-t-elle cette année Sainte-Cécile
?
La Musicale des Gaves
honorera Sainte-Cécile ce samedi 19 Novembre, à 20h30, avec un
concert donné en l'église de Peyrehorade. Interviendront les
enfants de l'école de musique et les musiciens de
l'orchestre-harmonie qui sont également ceux de la banda. Une messe
sera célébrée en musique le lendemain matin à 11h.
Cette
soirée aura malgré tout une particularité et une saveur toute
particulière puisque vous interpréterez pour la première fois
un morceau intitulé "Hugo Viney-Thomas".
Effectivement au cours de
cette soirée sera présenté le morceau composé pour Hugo
Viney-Thomas par Simon et Emilie, deux de nos musiciens amis de
l'écarteur Tyrossais. Cette interprétation viendra clore ce projet
que nous avions de rendre hommage musicalement aux acteurs de
course landaise dont nous louons le panache et le courage. Un
premier morceau avait vu le jour dans le courant de l'été, portant
le nom des frangins Vergonzeanne, avec lesquels nous avons lié
amitié voici quelques années, emplis de simplicité malgré les
titres glanés. Pour en revenir à Hugo, sa mère aura été une des
pionnières de notre association, dispensant des cours de flûte au
sein de l'école de musique.
Vous
venez de traverser des moments très difficiles avec le décès d'un
des vôtres, musicien dans le groupe des Gatchos, cette soirée sera
aussi un hommage à votre ami Patrick ?
Oui, cette Sainte-Cécile
sera un hommage à notre ami Patrick Péducasse, musicien de la banda
Los Gatchos, ancien président de la Musicale des Gaves, disparu
voici à peine quelques jours à l'âge de 41 ans. Nous aurons à
cœur de proposer une belle prestation, en souvenir de ce
camarade trompettiste connu pour sa jovialité, son enthousiasme et
sa serviabilité. Par respect pour sa famille aussi, fortement
impliquée dans la vie de notre association.
Beaucoup d'autres groupes qui animent les courses
landaises vont aussi fêter la Sainte-Cécile, et je suppose que
vous aurez également une pensée pour tous ces amis musiciens
qui partagent avec vous le plaisir de la musique et de la
course landaise ?
Nous souhaitons une belle
Sainte-Cécile à tous les groupes musicaux intervenant en course
landaise, que nous avons plaisir à entendre dans les arènes quand
nous nous y déplaçons en spectateurs. Que le peuple coursayre
n'hésite pas à aller écouter ces musiciens pour lesquels cette
célébration est un rendez-vous important de l'année musicale. Nous
souhaitons aussi un bon repos hivernal aux acteurs de la course
landaise.
Merci
Fabrice, Merci Yannick... et à vous aussi nous souhaitons une belle
Sainte-Cécile, même si c'est avec le coeur lourd d'émotion et de
chagrin cette année. Et Merci à vous tous et à tous les
musiciens qui nous donnez tant de plaisir à vous écouter dans nos
courses landaises.
Le 15 Octobre toute l'aficion
rendait un hommage à Jean-Pierre Rachou sur ses terres
mouscardésiennes. Au mois d'août, lors du concours de Dax, la
commission course landaise de la ville de Dax avait également
rendu un hommage à celui qui avait laissé sa vie dix ans auparavant
dans le ruedo dacquois. A cette occasion, Eric Lesparre avait lu au
micro un hommage au grand écarteur que fut Jean-Pierre Rachou avant
que ne défilent en piste ses deux fils, Julien et Baptiste, sous
une haie d'honneur des toreros landais. Vous trouverez
ci-dessous ce texte. Merci Eric de nous l'avoir adressé à
ma demande.
DAX 10 AOÛT
2001 - 11 AOÛT 2011
Dix années sont
passées depuis l'accident de Jean-Pierre GUILLEdit«RACHOU»
Ce 10 août 2001, il est
22h30 dans les arènes de Dax. C'est l'heure
que choisit Jean-Pierre RACHOU, brave et fier, pour jouer sa
peau face à la coursière Marilla.La scène
brutale défile : la vache le happe de plein fouet et le projette
dans les airs, il retombe à plusieurs mètres.
Il ne se relèvera pas.
La foule reste un instant
muette, la musique se tait.
Jean-Pierre Rachou est mort
de ne pas s'être avoué vaincu.
Il respectait public et
coursières.Tous connaissaient sa générosité de
chef de cuadrilla : conseils et esprit d'équipe sans
faille.
Ce lutteur est parti dans
l'affection et le respect des gens de la terre, de tous ses
amis.
Jean-Pierre avait le goût
de l'exceptionnel. Il aimait se faire peur, s'offrir des surprises
et garder le plaisir. Il avait aussi un vrai univers personnel,
mais pour un torero quoi de plus formidable.
Jean-Pierre a accompli tant
de prouesses, glané tant de titres (3 fois champion de
Dax,3 fois champion de France entre autres). Il
occupe, dans la galerie pourtant fournie des champions, une des
toutes premières places.
Tous les aficionados
gardent en mémoire et n'oublient pas ces toreros ; tout
particulièrement ceux qui, ayant surpassé les limites du courage et
de la peur, ont donné leur vie et sont entrés dans la mythologie
des écarteurs.
Nous devons simplement aux
écarteurs et sauteurs le respect profond que l'on réserve aux
hommes uniques.
Par fidélité à sa mémoire,
voici l'hommage de 3 personnalités à un brave :
- Pierre ALBALADEJO
ancien international de rugby :
« Cette gloire acquise à
grand coups de courage, de persévérance et d'honneur, m'oblige à
faire la différence entre ceux qui, comme lui, ont tout donné, et
ceux qui ne cessent de prendre ».
- Claude BERGEAUD ancien
entraineur de l'Équipe de France de Basket :
« Les grands héros ne
sont pas ceux qui ont vaincu, mais ceux qui sont tombés en voulant
réaliser des exploits rêvés et surhumains ».
- Gérard DARRIGADE ancien
président de la FFCL :
« Dans le drame
ancestral que le sang perpétue,
Téméraire défi à la diablesse noire,
Tu es
tombé ainsi surpris en pleine gloire,
Par cet
œil qui fascine et ce plaisir qui tue. »
Mesdames, Mesdemoiselles,
Messieurs, à la mémoire de Jean-Pierre GUILLE dit RACHOU,
grièvement blessé le 10 Août 2001 dans ces mêmes arènes et décédé
le 20 Août 2001, je vous remercie de vous lever et d'accueillir,
avec tout le respect que nous devons à ce grand torero et à sa
famille, les parrains de ce 57ème concours de Dax,
ses 2 enfants JULIEN (écarteur en seconde chez le
ganadero Dargelos) et BAPTISTE, sans oublier ANNICK son épouse ici
présente.
Nous accompagnerons
Jean-Pierre, dans un dernier tour d'honneur en musique et en tapant
dans nos mains, au son de VALENCIA interprétée par l'Union
Musicale de St Justin.......
texte d'Eric Lesparre lu lors du concours landais de
Dax
Lorsque j'ai poussé la porte
des arènes en 2006 après quelques années d'exil, j'ai découvert
avec bonheur que des jeunes pointaient leur nez sur le sable des
redondels et s'apprêtaient à supplanter la génération précédente...
des jeunes talentueux qui semblaient se jouer des vaches de course,
très à l'aise sur la feinte ou l'écart, avec une technique de base
solide et un style des plus agréables. Ils s'appelaient alors
Baptiste Bordes, Mathieu Noguès, Hugo Viney-Thomas... et Cyril
Dunouau. Depuis, tous ont parcouru beaucoup de chemin, glanant des
titres convoités (tels celui de champion de France pour Mathieu et
Hugo), franchissant avec bonheur les étapes en bravant les
marraines ou les taureaux, se classant dans les meilleurs de
l'escalot, remportant des concours... Je me souviens encore de ces
courses de l'avenir où l'on se pressait à aller voir ces nouvelles
gloires de la tauromachie landaise, des jeunes qui respiraient la
simplicité, la joie de vivre, la passion de la course landaise. Je
me souviens en 2006 d'une course à Saint-Perdon (dans des arènes
hélas disparues) où Cyril
Dunouau, du haut de sa grande stature, faisait passer de
superbes écarts, en dehors, en dedans, sur le tourniquet... et
d'une course à Bostens, avec la Ganaderia Lassalle où Cyril était
venu fourbir ses armes avec réussite.
En Février 2007, Cyril Dunouau nous avait
alors accordé une interview dans laquelle il nous rappelait la
première course qu'il avait vue au Houga et qui avait été le déclic
à son vif intérêt pour la course landaise, il nous avait expliqué
sa passion pour le bétail, les qualités qu'il se reconnaissait (son
adresse à tourner en dedans, à pratiquer la feinte comme l'écart
sur le saut, l'écart tourniquet...), il nous avait parlé de ses
idoles (Christophe Dussau, Didier Goeytes, Jean-Marc Lalanne...),
il nous avait dit combien il se sentait bien dans cette ambiance
des courses et des après-courses...
Les années ont passé,
Cyril Dunouau a
fait son chemin, quittant l'école taurine pour la formelle et
trouvant une place de choix au sein de la Dal. C'est sûrement en
2009 que Cyril "éclatait", et chacun se souvient encore de sa
victoire dans le concours des fêtes de la Madeleine à Mont de
Marsan après un formidable écart intérieur à Flamenca, écart qui
avait soulevé les arènes du Plumaçon. Et puis il y a eu des
blessures (dont une sévère à Pomarez), quelques doutes et une
période plus difficile. Mais les vents tournent et l'on sait très
bien qu'après les orages les éclaircies reviennent. Cyril Dunouau s'est présenté
devant un taureau au festival "Art et Courage" à Mont de Marsan en
2010 avec beaucoup de réussite... rien de tel pour vous remettre en
confiance. Et il vient de démarrer la saison 2011 sur le
bon pied, réalisant trois bonnes courses à Saint-Loubouer, Estang
et Saint-Gein (une place qu'il affectionne tout particulièrement,
puisque c'est là qu'il a écarté pour la première fois avec
Christophe Dussau et Didier Goeytes). A Estang il s'est essayé
devant le taureau Talavero, laissant une belle
impression.
Il était temps d'aller à la
rencontre de Cyril et de faire le point avec lui sur le passé, le
présent et l'avenir. MP
Dimanche prochain à Amou, la Dal va disputer sa première
course de compétition. Dans quel état d'esprit abordes-tu cette
nouvelle temporada ?
Oui effectivement la Dal
attaque sa première course de challenge dimanche à Amou et je suis
dans un très bon état d'esprit. Les premières courses de mise en
jambes sont passées, ça s'est très bien déroulé pour moi et
cela m'a mis en pleine confiance pour ce début de saison. Mon
mental est très bon aussi pour cette nouvelle temporada. Mes
ambitions pour ce début de saison c'est tout d'abord de faire
plaisir au public, de me faire plaisir à moi-même et essayer de
prendre des points à l'escalot dès les premières courses car les
points pris en début de saison ne sont plus à prendre et il faut en
profiter.
Quelles sont tes ambitions pour la temporada 2011 ?
vas-tu viser cette année des concours... une bonne place à
l'escalot pour te qualifier pour le championnat de France
?
Mes ambitions pour cette
nouvelle saison c'est que l'on fasse de très bons spectacles
avec ma cuadrilla, qu'il n'y ait pas trop de coups et pourquoi pas
remporter à nouveau la coupe de France des cuadrillas.
Individuellement c'est de participer bien sûr au plus grand nombre
de concours en essayant de donner le maximum, et j'espère vite
retrouver le goût de la victoire lors des concours car cela fait un
petit moment que je n'ai pas revécu cela. Et bien sûr en fin de
saison finir au moins dans les 6 premiers de l'escalot pour
être sélectionné au championnat de France, et pourquoi pas arriver
au titre suprême dont je rêve.
Est-ce
qu'on te verra dans les grandes manifestations fédérales telles
"Défis et Champions" et "Art et Courage" ?
J'espère oui que l'on me
retrouvera dans les grandes manifestations fédérales mais par pour
Défis et Champions... je n'y serai pas présent car je n'ai pas été
sélectionné -je ne fais pas partie des champions- mais en ce qui
concerne le festival Art et Courage je serai bel et bien présent
pour ma plus grande satisfaction, en essayant de faire une bonne
sortie face à mon adversaire.
Ecarter des taureaux c'est sûrement le plus beau des
défis que peut relever un écarteur... tu l'as déjà fait, qu'est ce
que cela t'a apporté ?
C'est vrai qu'écarter des
taureaux c'est un rêve de quasiment tous les écarteurs. Moi je l'ai
vécu il y a 3 ans lors de la sortie du novillo de l'avenir, et
depuis 4 ans je participe à "Art et Courage". J'ai même eu
l'occasion d'aller en Espagne grâce à Nicolas Vergonzeanne. Je
pense que les taureaux nous apportent des sensations très intenses,
ces sensations de peur que l'on ne retrouve pas ailleurs, le stress
que cela nous donne une semaine avant cette confrontation. Mais en
ce qui me concerne le plus dur pour moi c'est quand on attend le
toro avant qu'il sorte, car là on se pose beaucoup de questions.
Ecarter des toros m'a apporté peut-être un peu plus de confiance,
et j'espère acquérir de plus en plus d'expérience dans ce domaine
pour exploiter les toros au maximum. C'est une chose unique qui n'a
rien de comparable quand on écarte une vache, mais c'est vrai
qu'une grande sortie face à ce bétail là peut nous aider pour la
suite de la saison.
Est-ce
qu'il n'y a quand même pas un risque plus grand à écarter des
marraines (comme Maestranza, Ibañeza, Rouperte...) dans les
concours, ou des vaches compliquées (comme Santa Lamarca,
Maria...). Finalement qu'est ce qui est le plus valorisant ? est-ce
que l'intérieur à Flamenca au concours de Mont de Marsan n'est pas
plus valorisant qu'un écart à un taureau ?
Si... pour ma part je pense
qu'il y a beaucoup plus de risque face à ces marraines
(Ibañeza, Maestranza) car ces vaches-là savent exactement ce
que l'on va faire, elles connaissent la course, et lorsqu'on les
affronte dans les concours on est obligé de se livrer à fond, car
on veut remporter le concours et bien sûr prendre des points pour
l'escalot. Santa Lamarqua est une coursière très compliquée, je
l'affronte à chaque fois qu'elle est présente, et j'avoue que c'est
vraiment très dur de briller avec cette vache car elle arrive
beaucoup sur l'extérieur avec sa tête, et sur le coup de ficelle
tout le corps s'échappe mais sa tête, elle, non... mais bon
peut-être qu'elle aura un comportement différent avec notre nouveau
cordier Bernard Lansaman. L'écart de Flamenca à Mont de Marsan
reste un des plus grands moments que j'ai vécus, je ne sais pas si
c'est plus valorisant qu'un écart face à un toro mais c'est
vraiment quelque chose que je n'oublierai jamais, et d'ailleurs
c'est grâce à cet écart j'ai remporté le concours de la
Madeleine, à même pas 18 ans, alors que tout le monde
croyait que Loic Lapoudge avait gagné.
En
2007 tu nous expliquais ton enthousiasme, ton plaisir à être dans
l'arène et à te trouver dans l'ambiance des courses... est-ce que
ce plaisir est toujours le même en 2011 ? Ne vois-tu pas les choses
un peu différemment ?
Oui le plaisir pour moi est
toujours la même car la course landaise c'est ma passion. J'aime
beaucoup ce que je fait, c'est un milieu convivial, chaleureux, on
rencontre des gens, et j'espère écarter encore plusieurs
année. Je prends plaisir en piste avec ma cuadrilla et j'espère
que cela durera dans cette voie-là.
Si
c'était à refaire... referais-tu la même chose, le même parcours,
ou bien changerais-tu quelque chose ?
Oui je pense que si les
choses étaient à refaire je referais exactement pareil, en passant
par l'école taurine, ou peut-être en seconde car on s'aperçoit
maintenant que beaucoup de jeunes passent par la seconde au lieu de
l'école taurine. Et concernant mon choix de formelle la question ne
se pose même pas car je souhaitais être un jour à la Dal, j'y
suis parvenu et je n'ai absolument aucun regret.
Cela
fait maintenant plusieurs années que tu écartes à la Dal... c'est
donc que tu ne trouves pas d'intérêt particulier à aller voir
ailleurs ?
Cette année, en 2011, cela
fera déjà 5 ans que je suis chez Michel Agruna et à quelque
choses prés la même cuadrilla... c'est une équipe qui me convient
bien, le bétail me plait aussi hormis Marciacaise. Ensuite j'ai eu
quelques contacts mais je n'ai pas voulu changer car je m'entends
très bien avec cette cuadrilla. Et puis il y a aussi le fait que
tous les jeunes qui sont à la Dal
actuellement étaient avec moi à l'école taurine,
donc beaucoup de liens se sont créés entre
nous. Voila donc les raisons qui font que je reste à la
Dal.Et cela ne sert à rien de changer
quand on est bien quelque part.
Comment analyses-tu les atouts et les faiblesses de ton
équipe pour la saison qui démarre ?
Les atouts de notre
cuadrilla c'est que sur le papier, à mon avis, on est
très costaud, car chacun d'entre nous a remporté soit des
championnats, soit des concours etc... On a tous gagné quelque
chose d'individuel. Ensuite nous sommes très soudés entre nous,
cela fait notre force, et surtout nous avons beaucoup
d'amitié. Les faiblesses que nous avons c'est déjà de ne
plus avoir Gilles Tauzia à l'entrainement, avec les soucis
qu'il a, mais aussi que notre effectif d'écarteur a été
réduit à 6. Mais il va y avoir la place pour chacun
pour écarter, en espérant bien sûr qu'on arrive à la fin
de la saison au même nombre qu'au départ et avec le plus de
résultats possible.
Est-ce
que tu t'es préparé physiquement à cette nouvelle saison... dans la
précédente interview tu nous disais que tu pratiquais le foot, le
vélo, un peu la course à pied... est-ce que c'est toujours le cas
?
Oui je me suis physiquement
préparé pour cette nouvelle temporada puisque je pratique le
football au sein du club de foot de Hontanx, donc cela me permet de
m'entretenir car il y a deux entrainements par semaine (je n'y
vais pas à tous malgré tout) et des matchs qui se dispute le
week-end end. Et puis je suis allé m'entrainer un petit peu du côté
de Pomarez avec Alain Laborde en compagnie de Mathieu
Noguès, Forfert et Darrouzès pour répéter des écarts, mais sans
vache.
Est-ce
que tu regardes toujours les videos pour analyser les courses, voir
tes défauts et y remédier ?
Je ne regarde plus du tout
les vidéos car on ne me filme plus !! et puis cela ne me
dérange pas du tout. En revanche je suis abonné à Eurofilm (la
collection coursayre) et grâce à eux je peux voir ce que
je fait de bien et de mauvais pour corriger mes défaults. Mais ce
que je trouve vraiment bien c'est "regard passion" car cela
nous permet aussi de voir ce que font les autres cuadrillas le
dimanche et aussi analyser le bétail des autres
ganaderias.
Où en
es-tu dans tes études ou dans ta formation professionnelle
?
Oulala... j'ai arrêté les
études l'année dernière, j'ai obtenu un BEPA et un BAC PRO
agroéquipement au lycée agricole de Mugron et actuellement je
travaille en tant que saisonnier à Bonnut avec mes collègues
(Forfert, Darrouzès et Noguès), donc je ne pouvais pas espérer
mieux.
Comment vois-tu ton avenir en course landaise ? ou bien
n'y penses-tu pas, prenant seulement les choses course après
course, saison après saison ?
Mon avenir en course
landaise, j'espère qu'il sera très bon avec beaucoup de victoires.
C'est vrai que j'ai quelques rêves encore à réaliser;
j'aimerais arriver un jour à être champion de France des
écarteurs ; ça c'est un de mes souhait les plus chers et
j'espère que cela arrivera un jour. Puis un autre rêve,
vraiment plus fou, ce serait d'effectuer un écart en corrida
face à un toro dans les arènes du Plumaçon à Mont de Marsan.
Mais ce ne sont que des rêves, je ne me prends pas la tête, je vais
essayer de franchir une étape après l'autre, et
qui sait, peut-être que cela finira par arriver ???
Cyril
nous te remercions d'avoir bien voulu répondre à ces questions, et
nous te souhaitons beaucoup de réussite et toujours autant de
plaisir à exercer ta passion pour la course landaise et pour ces
défis qu'il faut relever à chaque écart.
Comme le chantait si bien
Marc Lavoine "Il a les yeux revolver", et le physique d'un jeune
premier... mais s'il est "acteur", Jérémy Lafitte exerce ses talents sur les pistes
ensablées, et son public il le retrouve chaque semaine sur les
gradins des arènes : Jérémy Lafitte est écarteur landais. Il a parfois
l'allure du brun ténébreux lors des paseos d'ouverture, mais il
laisse éclater son sourire quand tout lui réussit, ou tout
simplement lorsqu'il vous aborde avec sa gentillesse et sa
courtoisie. Car Jérémy
Lafitte a tout d'un gentleman qui a su séduire la course
landaise, a moins que ce ne soit, dans l'ordre des choses, la
course landaise qui l'ait séduit. Voici plusieurs saisons qu'il
porte le boléro, qu'il affronte les coursières, des nouvelles aux
marraines, et il était grand temps de mettre Jérémy Lafitte sous le feu des
projecteurs.
Ma
première question n'est pas très originale, mais il est important
pour nos lecteurs de savoir comment tu as embrassé cette carrière
d'écarteur landais. Comment
as-tu connu la course landaise ? comment t'y es-tu intéressé
?
J'ai toujours aimé ça depuis
tout petit, mes parents suivaient les courses et le dimanche je
passais deux heures à essayer d'en faire autant sur les gradins.
Mon premier boléro est toujours intact, je l'ai eu à quatre ans.
Etant petit c'est quelque chose qui me fascinait déjà.
Des
gradins à la piste... qu'est ce qui t'a poussé à entrer dans
l'arène ?
Mes premiers écarts, je les
ai effectués pour une course des cuisinières à Samadet, et à l'âge
de 18 ans un ami m'a appelé pour s'inscrire à l'école taurine
; j'y suis donc parti avec l'accord de mon père et malgré les
réticences de ma mère.
Comment se sont passés tes premiers pas à l'école
taurine ?
Pas très bien, j'ai même
arrêté la première année et ce n'est que deux ans après que
j'y suis revenu, pour cette fois-ci prendre du plaisir devant les
coursières même si ce fut parfois laborieux.
Qu'est-ce que l'école taurine t'a apporté
?
L'école taurine est un bon
moyen de commencer. L'encadrement y est fait par d'anciens acteurs
qui connaissent bien la piste et qui ont toujours des conseils à
nous donner, et avec le grand nombre de courses que nous
avions(courses de l'avenir),ça nous
permettait d'évoluer tout au long de l'été.
Sorti
de l'école taurine tu as été sollicité par Jean-Louis Deyris...
comment as-tu vécu cette promotion ?
Une grande satisfaction,
avec un peu d'appréhension tout de même, ce n'est pas facile de
faire le « grand saut ».
Comment s'est passée ta première année chez Jean-Louis
Deyris ?
Ce ne fut pas
évident, on a eu beaucoup de blessés et il a donc fallu
pallier aux absences. Je me suis retrouvé devant du bétail sérieux
assez vite, ce fut compliqué.
Peux-tu nous rappeler et nous expliquer ton parcours
?
Après mes deux ans d'école
taurine j'ai fait deux ans chez Jean-Louis en formelle ; et
puis il a décidé de me remettre en seconde, ce qui m'a fait
beaucoup de bien même si ce fut pas facile à accepter. Je suis
revenu surmotivé cette année-là, avec un seul objectif
: remonter en formelle, ce à quoi je suis
parvenu.
De
nombreux coursayes ont été séduits par ta dernière temporada,
comment as-tu vécu cette dernière saison et qu'est ce qu'elle
t'a apporté ?
J'ai pris beaucoup de
plaisir durant cette saison 2010, j'ai pu m'exprimer devant
plusieurs sortes de bétail, ce qui à mon avis est un plus dans
l'apprentissage de la technique. Je pense que l'on a toujours
quelque chose à apprendre sinon ça deviendrait
répétitif.
Comment abordes-tu la saison prochaine ? est-ce que tu
t'es préparé, physiquement, mentalement ?
Je fais beaucoup de sport
l'hiver pour être prêt physiquement. Pour ce qui est
du mental, rien de particulier, la saison prochaine j'y
pense sans y penser, ça fait du bien de couper l'hiver
; mais j'ai vraiment envie de prouver que ce que j'ai fait la
saison dernière je suis capable de le refaire et pourquoi pas dans
quelques concours.
Être
écarteur, c'est bien sûr être seul devant une coursière, la défier,
la combattre, la tromper... mais c'est aussi appartenir à une
équipe. Pourrais-tu définir l'esprit qui caractérise l'équipe dans
laquelle tu te produis tout au long de la saison
?
Plus qu'une équipe, une
famille...
Les
années passent... est-ce que tu vas maintenant viser des concours,
une belle place à l'escalot pour être sélectionné au championnat de
France... ou est-ce encore trop tôt ?
Cela me plairait d'être
sélectionné dans un concours pour me mesurer aux autres et voir où
j'en suis. En ce qui concerne l'escalot c'est quelque chose qui
n'est pas évident, une saison c'est trés long, mais si j'ai quelque
chose à tenter je n'hésiterai pas.
Dans
le même ordre idée, est-ce que tu as envie, un jour prochain,
d'aller devant des toros ?
C'est quelque chose qui
m'attire vraiment, j'y pense de plus en plus. C'est le défi ultime
je pense. J'en ai eu un avant goût, et si je pense que la technique
est la même que pour les vaches, la façon de l'aborder est
complètement différente.
Est-ce
que tu ressens une évolution de la course landaise depuis que tu la
connais et que tu la pratiques
?
Je n'ai pas assez de «
métier » pour l'avoir vu vraiment évoluer, mais les courses
festival plaisent de plus en plus aux spectateurs ainsi qu'aux
acteurs, et c'est quelque chose qui devrait se répandre ailleurs
que dans les grandes places dans les années à venir.
Est-ce
que la course landaise est suffisamment médiatisée
?
De gros efforts sont faits à
ce niveau mais on pourrait faire mieux, certains quotidiens
régionaux par exemple qui font un petit article sur la course et
qui à côté font deux pages sur une corrida qui a eu lieu en
Espagne...
Est-ce
que tu avais des idoles en course landaise ?
Christophe Dussau pour son
grand saut comme beaucoup d'autres mais aussi Jean-Marc Lalanne
pour ses feintes et Didier Goeytes devant le bétail
libre.
Derrière l'écarteur se cache aussi l'homme...
pourrais-tu te présenter en quelques mots
?
J'ai 26ans, je suis
célibataire et je vis à Samadet. Je fais de l'intérim ce qui me
laisse du temps l'été pour les courses mais surtout parce que ce
n'est pas évident de trouver un patron en tant
qu'écarteur.
En
dehors de la course landaise, quels sont tes autres centres
d'intérêt ?
Je fais du basket, du rugby
et un peu de musculation pour m'entretenir. Mes week-end tournent
très souvent autour du sport.
Dans
les domaines suivants que préfères-tu ?
-
musique : tous les styles
-
plat : côte à l'os
-
livre : « Où on va, papa ? »(un livre de
Jean-Louis Fournier qui a obtenu le prix Femina en 2008)
-
film : Les collègues(film de Philippe Dajoux
sur le thème du football avec notamment Joël Cantona)
- tes
arènes préférées : Samadet
- ta
coursière préférée : Zamora
Est-ce
qu'un jour il t'es arrivé de te dire en allant aux courses : "je
vais encore me faire abîmer le portrait, mais pourquoi suis-je
aussi fou d'avoir choisi la course landaise ?"
Ce genre de réaction et
de pensée arrive parfois dans les mauvaises passes,
mais c'est justement ça le propre de
l'écarteur, serrer les dents et montrer que tout va
bien.
Une
belle conclusion qui prouve une fois encore que cette passion pour
la course est plus forte que tout, et qu'elle s'ouvre à tous les
sacrifices. Merci Jérémy pour avoir répondu à nos questions.
"Course Landaise Magazine" te souhaite une belle temporada
et l'opportunité de monter à l'escalot ou de te mesurer avec
d'autres toreros dans les compétitions... et surtout de continuer à
véhiculer la si belle image de l'écarteur landais que tu
donnes dans la piste. MP
ci-dessous : quelques photos de
Jérémy Lafitte glanées ici et là dans les arènes
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